5. La dégradation du climat politique
Fort de la majorité absolue obtenue par le Parti populaire (P.P.) aux élections législatives du 12 mars 2000, José María Aznar va imprimer à son second mandat un style dont l'âpreté tranche avec la prudence qu'il a manifestée au cours de la précédente législature : il durcit le ton à l'égard des nationalistes et n'hésite pas à heurter de front les principaux partenaires européens de l'Espagne, ainsi que l'opinion publique du pays en s'alignant sur les positions américaines dans la crise irakienne. Son image se dégrade, mais il a décidé de ne pas briguer un troisième mandat et les bons résultats de l'économie semblent garantir à son dauphin Mariano Rajoy une victoire aux prochaines élections. Les attentats islamistes qui secouent Madrid trois jours avant le scrutin (le 11 mars 2004) viennent cependant inverser le résultat attendu. Une nouvelle étape de gouvernement socialiste commence alors, placée d'emblée sous le signe de la crispation.
• La deuxième législature d'Aznar
Après avoir mis en œuvre les réformes des autonomies régionales contenues dans l'accord passé après les élections de 1996 entre le P.P. et les nationalistes basques et catalans, le gouvernement Aznar va s'attacher, après la victoire du P.P. aux élections de mars 2000, à préserver les prérogatives de l'administration centrale. José María Aznar, pas plus d'ailleurs que son prédécesseur Felipe González, ne juge utile au cours de ses huit années de pouvoir de réunir une conférence avec les présidents des Communautés autonomes, alors qu'elle pourrait être un instrument d'harmonisation des politiques territoriales. Il refuse également d'entreprendre une réforme visant à renforcer le rôle de chambre de représentation territoriale que la Constitution assigne au Sénat. Il est vrai que, dans ces domaines, il est peu sollicité par les nationalistes basques et catalans qui s'accommodent fort bien de la logique bilatérale sous-tendant leurs relations avec le gouvernement.
Après la signature entre le P.P. et le P.S.O.E., le 8 décembre 2000, d'un « accord pour les libertés et contre le terrorisme », Aznar se sent conforté […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 19 pages…



