2. Impact de la crise de 2008
• Éclatement de la bulle immobilière et explosion du chômage
La crise financière a amplifié un retournement conjoncturel du secteur immobilier qui était inéluctable après plusieurs années de surchauffe, se traduisant par des destructions d'emplois massives et accélérées du fait de la flexibilité du marché du travail. Le resserrement de la politique monétaire à partir de la fin de 2005 s'est peu à peu traduit par un ralentissement des crédits distribués aux ménages. La hausse des taux d'intérêt, conjuguée à des prix immobiliers très élevés, a dégradé leur solvabilité, ce qui a freiné la demande de logement. L'activité dans la construction a donc diminué et les prix ont baissé. De plus, la charge financière des ménages, endettés à taux variables, s'est alourdie, ce qui a pesé sur leur revenu et freiné leur consommation. Même si la Banque centrale européenne a baissé fortement ses taux depuis 2008, les problèmes de financement des institutions financières sur les marchés financiers limitent la distribution de crédit.
L'activité dans le secteur de la construction, qui était l'un des plus dynamiques de l'économie, s'est effondrée : l'investissement en logement qui avait contribué pour 0,5 point de pourcentage à la croissance entre 2000 et 2007, a fortement pesé sur la croissance entre 2007 et 2009 (— 1,2 point). Le marasme du secteur immobilier a entraîné un fort recul de la demande intérieure (— 9 p. 100 entre la fin de 2007 et la mi-2010). L'effondrement des mises en chantier (— 80 p. 100 depuis le pic de 2006) et la baisse des prix (— 12 p. 100 depuis 2008) ont conduit à un recul de 37 p. 100 de l'emploi dans le secteur de la construction (soit 1 million d'emplois en moins). L'emploi dans l'industrie a baissé de 20 p. 100, comme dans les autres pays européens, alors que l'emploi dans les services a peu diminué, du fait notamment de la création d'emplois dans l'éducation et la santé. La moitié des destructions d'emplois en Espagne vise le secteur de la c […]
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