2. Le Siècle d'or
• L'humanisme
L'Espagne a reçu le souffle novateur de la Renaissance et certaines répercussions de la Réforme, à laquelle elle a résisté. Cela a produit un humanisme espagnol, principalement alimenté par des rapports étroits avec l'Italie. Les historiens, et particulièrement Marcel Bataillon, ont approfondi l'étude de ce vaste remuement de liberté et d'érudition qu'on a en partie résumé sous le nom d'érasmisme. L'influence d'Érasme et de son esprit y joua en effet un rôle décisif. On peut symboliser cet humanisme, entre autres figures importantes, dans celle de Juan Luis Vives, qui enseigna à Paris, Louvain, Bruges et Oxford. L'Espagne, comme alors toute l'Europe, a connu la pensée libre. Elle a eu aussi ses hétérodoxes, esprits religieux en quête, par la critique comme par l'inspiration, de nouvelles voies religieuses. On atteint là l'origine de tout un courant protestataire en même temps qu'avide de civilisation universelle et qui demeurera longtemps sous-jacent aux constructions de la foi et de la monarchie.
Celles-ci, à partir de Charles Quint et de Philippe II jusqu'à la venue du dernier Philippe, français celui-là, de la race des Bourbons, dominent le monde et l'étonnent par leur puissance, par leur impériale étendue, mais aussi par la civilisation qui les accompagne et dont l'éclat est aussi vif dans le domaine de la peinture, de la sculpture et des monuments que dans celui des lettres. Que les Espagnols aient pris conscience de la situation de leur collectivité apparaît dans le développement de traités politiques et d'importants ouvrages d'histoire, intéressants d'abord parce qu'ils montrent le degré d'excellence, de nombre et de clarté auquel est parvenue la prose espagnole, mais aussi parce que s'y manifestent une liberté de réflexion et un souci du droit qui portent encore la marque de l'œuvre du père Mariana, jésuite, dont le traité, De Rege, sur les origines et les limites du pouvoir royal fut brûlé à Paris, après l'assassinat de Henri IV.
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