Officiellement entrée en récession au dernier trimestre de 2008, l'économie espagnole plonge en 2009. À la fin de l'année, le P.I.B. enregistre une baisse de près de 4 p. 100, tandis que le taux de chômage approche 18 p. 100 (dépassant même 27 p. 100 parmi la population immigrée) et que le déficit budgétaire atteint près de 10 p. 100 (contre 3,8 p. 100 en 2008). Le pays, l'un des plus touchés par la crise au sein de l'Union européenne, devrait également être l'un des derniers à se redresser. Selon l'Organisation de coopération et de développement économiques, il connaîtra une nouvelle année de croissance négative et le chômage dépassera 20 p. 100 en 2010.
La situation économique qui ne cesse de se dégrader ébranle le gouvernement du Parti socialiste ouvrier espagnol (P.S.O.E.) et le force à sortir de l'autosatisfaction qu'il affichait jusque-là. Le président du gouvernement José Luis Rodríguez Zapatero opte pour une politique classique de relance par la demande, en dépit du scepticisme que suscite cette mesure chez les employeurs, au sein du Parti populaire (P.P., opposition) et même chez certains membres de son propre parti, notamment le respecté ministre de l'Économie Pedro Solbes, destitué lors d'un important remaniement ministériel en avril. Le gouvernement décide ainsi de dépenser l'équivalent de 2,3 p. 100 du P.I.B. dans des initiatives visant à stimuler l'activité et à créer des emplois, d'introduire une prime à l'achat d'automobiles neuves et de prolonger l'indemnisation des chômeurs arrivés en fin de droits. Le P.S.O.E. est donc contraint de revoir complètement sa politique fiscale. Le budget 2010 approuvé à l'automne prévoit en effet une augmentation des impôts sur les plus-values, un relèvement de la T.V.A. de 2 p. 100 et la suppression du dégrèvement général concernant l'impôt sur le revenu promis avant les élections de 2008. En novembre, le gouvernement dévoile un ambitieux programme destiné à faire de la recherche-développement, de l'égalité des sexes, d'une croissan […]
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