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ESCOMPTE & RÉESCOMPTE

L'escompte est une opération par laquelle une personne possédant un titre de créance à terme sur un débiteur remet ce titre à une banque, qui lui en verse immédiatement le montant ; la banque se fait ensuite rembourser par le débiteur à l'échéance. Le créancier rémunère le banquier « escompteur » du service ainsi rendu en lui payant, pour la période qui s'écoule entre la remise de l'effet à l'escompte et l'échéance, un intérêt dont le taux annuel est fonction de celui que le banquier lui-même doit payer à la banque centrale pour en obtenir à son tour le paiement immédiat du montant : cette dernière opération est le réescompte.

Pour être escomptable, c'est-à-dire admis à l'escompte par le banquier, un effet doit répondre à certaines conditions : réputation de solvabilité du débiteur ; acceptation de l'effet par ce dernier ; réputation de solvabilité du créancier, contre lequel l'escompteur se retournera en cas de défaillance du débiteur ; échéance de l'effet (en général pas plus de 90 jours). Il faut aussi que l'opération n'entraîne pas un dépassement des limites (ou « plafonds ») imposées par l'autorité financière : la banque centrale ne peut, en un moment donné, avoir en réescompte plus d'un certain montant global de papier présenté par chacune des banques ; ces dernières doivent donc, à leur tour, limiter le montant qu'elles acceptent d'escompter à chacun de leurs clients.

L'importance de l'escompte du papier commercial comme instrument de crédit à court terme donne à la banque centrale un pouvoir considérable sur la vie économique. La banque est en effet maîtresse du volume et du coût du crédit, ainsi que du choix de ses bénéficiaires.

Les modifications du taux de l'escompte, autrement dit du taux auquel la banque centrale prête de l'argent aux établissements de crédit, entre autres pour assurer le réescompte des effets de commerce, sont par conséquent des mesures de politique économique et financière riches en conséquences.

En abaissant le taux de l'escompte, la banque réduit les frais de financement des entreprises, encourage les investissements, contribue à freiner la hausse des prix et stimule l'activité économique. La hausse du taux de l'escompte, par contre, tend à aggraver les frais financiers des entreprises, qui se répercutent sur les consommateurs sous forme de hausses de prix, et à décourager les investissements.

Sur le continent européen, et en particulier en France, l'escompte du papier commercial est assuré par les établissements de crédit, sous l'autorité de la banque centrale et de ses organes spécialisés (en France, la Banque de France et le Conseil national du crédit).

Aux États-Unis, l'escompte du papier commercial joue un rôle sensiblement moins important qu'en Europe.

Par extension, le mot « escompte » désigne également une réduction de prix accordée par un vendeur à l'acheteur qui paie comptant.

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