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ARNDT ERNST MORITZ (1769-1860)

Le nom d'Ernst Moritz Arndt est lié à l'histoire de la guerre de libération (1813). Chez Arndt, en effet, la vie et l'œuvre sont fortement tributaires des événements politiques qui agitèrent l'Allemagne du xixe siècle : pendant près de cinquante ans, il jouera un rôle non négligeable dans l'histoire de ce conglomérat de principautés. À l'époque, seul son compagnon de lutte Theodor Körner acquit une stature politique semblable à la sienne.

Fils de paysans, Arndt naît sur l'île de Rügen, étudie la théologie, parcourt l'Allemagne durant un temps et consigne ses impressions dans de vifs journaux de voyages. Plus tard, adonné à la philosophie et à l'histoire, il devient professeur à Greifswald d'où le chasse, en 1806, l'occupation française. Secrétaire privé du baron von Stein qu'il citera dans ses Mémoires, il l'accompagne à Saint-Pétersbourg avant de rentrer en Allemagne où il est d'abord nommé à Bonn, puis déchu de son professorat d'histoire en 1820, enfin, vingt ans plus tard, rétabli dans ses fonctions. Il meurt à Bonn à l'âge de quatre-vingt-onze ans.

Dans les quatre tomes qui composent l'Esprit du temps (Geist der Zeit, 1806-1818), Arndt décrit l'atmosphère d'une Allemagne occupée par les Français, puis déçue par le Congrès de Vienne. Simultanément s'élabore une pensée directrice à tous ses écrits : le droit des peuples à l'indépendance nationale, droit pour lequel Arndt mènera un combat passionné. Jeune encore, il fait sienne la lutte de l'Allemagne pour son unité, s'oppose à Napoléon tout en reconnaissant son génie et, dans un but mobilisateur, répand des milliers de tracts antifrançais.

Également placé sous le signe de la guerre de libération, un livre d'une rare efficacité voit le jour, Le Rhin, fleuve d'Allemagne et non sa frontière (Der Rhein, Deutschlands Strom, aber nicht Deutschlands Grenze, 1813). Dans son Catéchisme pour les soldats allemands (Katechismus für deutsche Soldaten), écrit un an auparavant, Arndt réfute à sa manière l'accusation de démagogie que lui adressent nombre de critiques : la guerre pour l'indépendance nationale est guerre sainte ; s'y opposer est faire preuve d'anachronisme. Le dieu de Arndt, en effet, « celui qui fit jaillir le fer », est le Jéhovah de l'Ancien Testament, le dieu des batailles. Il n'est que de songer au titre du recueil, Chants paysans et chants guerriers (Bauerngesänge und Wehrlieder, 1813), pour voir aussitôt s'établir la liaison avec la guerre des Paysans. En outre, le langage rythmé et dru dont Arndt fait usage appelle la mise en musique. Rien d'étonnant dès lors si, au cours des deux guerres mondiales, ces chants ont été ceux des armées allemandes.

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HEINE HEINRICH (1797-1856)

Écrit par :  Pierre GRAPPIN

Dans le chapitre "De Düsseldorf aux universités"  : …  à Bonn. Heine passa deux semestres dans cette ville, suivant les cours de Schlegel et de *Arndt, souvent en compagnie de Simrock qui devait consacrer sa vie à la poésie allemande ancienne. À Göttingen, l'année suivante, rejeté par un milieu rétrograde et borné, il prit conscience de l'antisémitisme et dut quitter la place ; mais il avait… Lire la suite

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