5. La philosophie de la connaissance de Mach
Mach écrivait, dans la préface à L'Analyse des sensations : « La même considération sous-tend mes écrits d'épistémologie de la physique et mes recherches en physiologie des sensations, celle que l'on doit éliminer tout élément métaphysique comme superflu et contraire à l'économie de la science. »
C'est autour de cette exigence centrale que Mach a développé une philosophie de la connaissance. S'il a néanmoins répété ne pas revendiquer le titre de philosophe, c'est précisément en réaction contre la philosophie spéculative allemande, car, disait-il, « le pays du transcendantal m'est fermé » (La Connaissance et l'erreur). Mais il savait bien que la science et la philosophie ne sont pas étrangères l'une à l'autre, et qu'elles poursuivent un même but ; leurs frontières se déplacent, et c'est précisément sur cette ligne que Mach se tient : il est philosophe des sciences au même titre que Duhem et Poincaré, ses contemporains, avec lesquels il se retrouvait d'ailleurs souvent en accord bien qu'il fût avant tout héritier de la tradition empiriste de Berkeley, Hume et Mill. « Je n'ai pas voulu introduire une nouvelle philosophie dans la science, mais la libérer d'une philosophie vieille et dépassée » (ibid.). Il voyait son entreprise comme celle d'une « clarification philosophique de la méthodologie scientifique ».
Outre le refus de la métaphysique, l'idée d'unité de la science est décisive dans ses choix : ce qu'il recherchait, dès L'Analyse des sensations, c'est un point de vue que l'on ne doive pas abandonner dès que l'on passe d'une science à une autre, « car toutes les sciences forment ultimement un tout ». La diversité des disciplines scientifiques est d'origine purement contingente et accidentelle. (C'est pourquoi, recherchant la seule base possible de la science, Mach la trouve dans les éléments des complexes de sensations. Par ailleurs, la réunification des sciences se fera sous le signe d'une phénoménologie mathématique, en raison du caractère […]
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