Figure majeure parmi les historiens de l'art du xxe siècle, Ernst Hans Gombrich a contribué à faire évoluer sa discipline à travers une importante production d'ouvrages et d'articles dont l'influence tient autant à la clarté de la formulation qu'à l'originalité et à l'ampleur du propos mis en place par Aby Warburg, puis Erwin Panofsky. Cet érudit, continuateur critique de la tradition iconologique, décloisonne la discipline de l'histoire de l'art en abordant des thèmes novateurs tels que les constantes psychophysiologiques de la perception ou la variabilité historique des normes.
1. Une formation humaniste
Ernst Hans Gombrich est né à Vienne (Autriche) en 1909, dans une famille juive aisée, qui privilégiait la Bildung, la formation humaniste, favorisant ainsi une extrême diversité des centres d'intérêt. Il étudie, sous la conduite d'Emmanuel Loewy, d'Hans Tietze et de Julius von Schlosser, une histoire de l'art marquée par les idées de Hildebrand et de Riegl et soutient en 1933 une thèse sur l'œuvre architecturale de Giulio Romano. En 1930, à Berlin, Wölfflin le déçoit. La richesse culturelle de Vienne dans ces mêmes années lui permet de s'intéresser à la psychologie et à la psychanalyse (avec Ernst Kris), et le confronte aux polémiques, lourdes de conséquences politiques, sur l'historicisme. Dès 1936, il rejoint en tant qu'enseignant à Londres l'Institut Warburg, qu'il dirigera de 1959 à 1976. En 1970, il publiera également un livre consacré à son prédécesseur : Aby Warburg. An Intellectual Biography. Il meurt à Londres en 2001.
Professeur invité dans de nombreuses institutions prestigieuses (Oxford, Cambridge, Harvard), Ernst Gombrich a publié de nombreux ouvrages, dont six recueils d'articles et de conférences : Meditations on a Hobby Horse, 1963 (trad. franç. Méditations sur un cheval de bois, 1986), Norm and Form (1966), Symbolic Images (1972), The Heritage of Apelles (1976), Ideals and Idols (1979), L'Écologie des images, 1983, traduction de textes disséminés. Parmi ses autres ouvrages, il faut signal […]
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