5. Une influence « imprégnante »
Malgré deux autres partitions de ballet, Mercure (avec Picasso, 1924) et Relâche (avec Picabia, 1925), et quelques pièces pour piano d'une écriture tout aussi nouvelle, Satie ne fut jamais, ou ne voulut jamais être le chef de file d'une école. Cependant, on fait de lui le chef des « nouveaux jeunes », parfois l'inspirateur du « groupe des Six ». Mais il ne perd rien de son intransigeance et refuse de se laisser placer sur un piédestal. Sa vie est énigmatique, son art quelquefois étrange, son œuvre insolite. Il est violemment contesté par les uns, adulé par les autres. À partir de 1921, des jeunes musiciens viennent se grouper autour de lui et aiment s'appeler, entre eux, l'« école d'Arcueil » (Henri Sauguet, Maxime Jacob, Henri Cliquet-Pleyel et Roger Désormière). Il est à la fois leur guide, leur fétiche et le champion de leur indépendance. L'influence de Satie, très grande, se manifeste cependant plus par une sorte d'imprégnation esthétique, par une manière de penser la musique et la vie qui n'appartiennent qu'à lui, que par la transmission de dogmes ou de principes d'écriture, par l'application de nouveaux systèmes. On peut donc dire que son influence se traduit surtout par une attitude à l'égard de la musique. À ce titre, elle n'a pas épargné Stravinski et, plus récemment, fut très grande chez un John Cage. Pouvoir citer ces deux noms montre aussi bien l'aspect positif que l'aspect négatif. Malgré les dédains, critiques ou admirations maladroites, l'influence de Satie reste vivante aujourd'hui.
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