Le musicologue et ethnologue autrichien Erich Moritz von Hornbostel, né le 25 février 1877 à Vienne, grandit dans un foyer où la musique règne en maître et y étudie le piano, l'harmonie et le contrepoint. Même si, au sortir de l'école, il est considéré comme un musicien et un compositeur de talent, il s'oriente vers les sciences naturelles et la philosophie, qu'il étudie à l'université d'Heidelberg, de 1895 à 1899. Après y avoir obtenu son doctorat en chimie en 1900, il s'installe à Berlin où, sous l'influence de Carl Stumpf, il applique la psychologie expérimentale, et en particulier la psychologie du son, à ses études musicales. Il devient l'assistant de Stumpf à l'Institut psychologique de Vienne ; en 1906, lorsque les archives de l'institut sont versées au nouveau Phonogramm-Archiv de Berlin, il en devient le premier directeur, poste qu'il occupe jusqu'à sa destitution par le régime nazi, en 1933 (sa mère, la chanteuse Helene Magnus, était juive).
Hornbostel quitte l'Allemagne et s'installe d'abord en Suisse, puis aux États-Unis et finalement en Angleterre. De 1922 à sa mort, le 28 novembre 1935 à Cambridge, il coéditera, avec Stumpf, les Sammelbände für vergleichende Musikwissenschaft (« Anthologies de musicologie comparée »).
Hornbostel est spécialiste des musiques asiatiques, africaines, et plus généralement des musiques non européennes. En coopération avec Stumpf et Otto Abraham, il conçoit un système appliquant les concepts de l'acoustique, de la psychologie et de la physiologie à l'étude de cultures musicales non européennes, dans une démarche qui confère ses lettres de noblesse à la musicologie comparée. Il publie avec Abraham une série d'essais sur les musiques non européennes (notamment japonaises, turques et indiennes) et met au point une méthode de transcription des enregistrements. En 1904, tous deux proposent une théorie de la musicologie comparée calquée dans ses grandes lignes sur les principes de la linguistique comparée. Hornbostel démontrera également l'importance de disposer de données musicologiques observables et mesurables en recherche ethnologique.
Parmi ses contributions les plus précieuses à l'ethnomusicologie, citons ses études sur la psychologie de la perception musicale, sur les relations entre une culture et son système musical et sa classification novatrice des instruments de musique, établie avec Curt Sachs en 1914 (Systematik der Musikinstrumente : ein Versuch).
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