Militaire de carrière, Erich Ludendorff est nommé général de brigade en 1914, à l'âge de quarante-neuf ans. Au début de la Première Guerre mondiale, il s'illustre par des méthodes toutes personnelles qui lui permettent de s'emparer de la citadelle de Liège. Nommé le 22 août 1914 chef d'état-major du général von Hindenburg en Prusse, il va se révéler un extraordinaire stratège de l'offensive et devenir le cerveau du haut commandement. Il chasse les armées russes de Prusse et de Lituanie (1914-1915) et leur reprend la Pologne (1915).
En août 1916, il assume, avec Hindenburg
, le commandement suprême de l'armée, mais les deux hommes prennent une influence croissante dans les affaires civiles, font et défont les gouvernements. Ludendorff ne cache pas son mépris pour le Kaiser, qui abandonne les rênes du pays. Le général prend aussi en main la politique extérieure, contribue à la fondation, en 1916, de l'éphémère royaume de Pologne (créé avec les territoires polonais repris aux Russes par les Austro-Allemands), à la déclaration de guerre sous-marine à outrance, à la paix de Brest-Litovsk. Pourtant, lorsqu'il faut demander la paix aux Alliés, Ludendorff laisse les civils endosser la responsabilité et la honte et s'enfuit en Suède. Il avait été démis de ses fonctions le 26 octobre 1918. Il conçoit dès lors une solide haine pour ceux qui vont diriger la république de Weimar et il lance la légende du « coup de poignard dans le dos ». Membre du Parti national-socialiste dès sa fondation, il participe aux côtés d'Adolf Hitler au putsch manqué de Munich des 8 et 9 novembre 1923 ; il n'est pas parvenu à entraîner l'armée dans le mouvement et a vu se débander les comploteurs nazis pris au piège. Au procès qui suit, Ludendorff est acquitté. Il est nationaliste, antisémite, également ennemi des Juifs et des franc-maçons. En 1924, Ludendorff devient le leader du parti au Reichstag. Mais il ne tarde pas à s'opposer à Adolf Hitler, qui entend rester le seul Führer, incontesté et indiscuté ; c'est la rupture. Ludendorff abandonne la politique pour se consacrer à la rédaction de nombreux ouvrages dont Die überstaatlichen Machte im letzen Jahre des Weltkrieges en 1927 et, en 1935, Der totale Krieg (La Guerre totale), dans lequel il préconise la mobilisation totale de la nation pour la guerre.
Photographie
Hindenburg et Ludendorff Paul von Hindenburg (1847-1934), au centre, et Erich Ludendorff (1865-1937) , auteurs des succès allemands sur le front oriental en 1914.
Crédits: Hulton Getty Consulter
André BRISSAUD
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