4. Quelques grandes catégories de problèmes ergonomiques
• Les ambiances de travail
Les ambiances constituent encore souvent un aspect très critique des conditions de travail. Si les nuisances tenant aux conditions naturelles (froid, intempéries) tendent à s'atténuer, celles qui procèdent des développements technologiques, notamment le bruit, la chaleur, l'éclairage, les vibrations, les rayonnements, la qualité de l'air, deviennent souvent très importantes. Le rôle de l'ergonomie est d'évaluer les effets de ces ambiances et de proposer des remèdes, selon une méthodologie dont on peut esquisser quelques traits généraux.
Les mesures physiques de l'ambiance définissent un premier niveau d'analyse. Pour le bruit, par exemple, elles porteront sur le niveau sonore global et par bande de fréquence. Les variations temporelles et spatiales de ces mesures permettent aussi d'obtenir des indices utiles. L'intérêt de telles mesures est évident quand on connaît leur rapport avec les variables caractérisant le deuxième niveau, qui est celui des effets sur l'activité et sur l'organisme. La connaissance de ce rapport est souvent acquise par des expériences de laboratoire : on a pu étudier ainsi les effets des différentes variables caractérisant l'ambiance thermique sur la température centrale, le taux de sudation, la fréquence cardiaque, le niveau de performance dans diverses catégories de tâches, etc. Enfin, le troisième niveau d'analyse concerne l'effet ressenti des conditions d'ambiance, le sentiment de confort. On peut estimer un tel sentiment au moyen d'échelles d'évaluation subjective et mettre en rapport les résultats avec les mesures précédentes. Ainsi on rapportera les niveaux de bruit à des catégories d'impressions subjectives et d'audibilité de la conversation. On a défini parfois des degrés au-delà desquels on considère que certains effets deviennent nocifs. Or, pour un critère d'évaluation quelconque, il n'existe pas une valeur précise en deçà de laquelle la nocivité serait nul […]
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