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ÉRASME (1467 env.-1536)

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2.  « Gradus ad Parnassum »

Cambrai n'est pour l'ambitieux jeune homme que la première étape d'un tour d'Europe, mais surtout d'un pèlerinage aux sources de la civilisation et de la culture – de la double culture antique et chrétienne –, c'est-à-dire d'un pèlerinage à Rome. Rome, « préalable » indispensable à tout candidat à la maîtrise dans le domaine des litterae humaniores (ces lettres « qui vous rendent plus humain » et que l'on appellera plus tard les « humanités »), est un but dont l'obligation est moins évidente pour un chrétien soucieux de remonter aux sources de l'Évangile, car c'est le temps où règne (depuis le 11 août 1494) le pape Alexandre VI Borgia et où la cour du Vatican offre dans son ensemble un spectacle « mondain » dont les traits sont diamétralement opposés aux images et aux aspirations du traité Du mépris du monde.

Mais, de Cambrai à Rome, la route ne sera ni directe ni aisée. C'est d'abord à Paris que le moine humaniste sera confronté aux difficultés matérielles et psychologiques de l'existence. Il devient pensionnaire du collège Montaigu, sur la montagne Sainte-Geneviève, dirigé alors par Standonck, qui, natif de Malines, esprit réformateur, mais aussi ascète passionné, y fait régner un régime monastique beaucoup plus sévère que celui de Steyn. Le tempérament d'Érasme ne pouvait s'accommoder des conditions matérielles de ce collège des « poux », des « petites portions » et des « poissons pourris », qu'il stigmatisera plus tard dans son colloque Ichtyophagia entre un poissonnier et un boucher. Il n'en poursuit pas moins ses études, le but « officiel » de son séjour étant le doctorat en théologie. Déçu par l'enseignement scolastique de la Sorbonne, qui entrave son aspiration à redécouvrir les sources chrétiennes par un contact direct avec les Évangiles, il est contraint, pour vivre, de donner des leçons de grammaire et de littérature à des fils de famille – allemands ou britanniques – et à rédiger des manuels scolaires qui deviendront plus tard des « […]

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BATAILLON MARCEL (1895-1977)

Écrit par :  Charles AMIEL

…  Son œuvre scientifique est immense. On ne peut ici qu'en dégager les orientations principales. *Autour d'un maître livre, Érasme et l'Espagne (1937), sa thèse de doctorat unanimement saluée comme une contribution capitale à l'histoire intellectuelle et religieuse de l'Occident moderne, s'ordonnent de multiples travaux sur la… Lire la suite
BUDÉ GUILLAUME (1468-1540)

Écrit par :  Marie-Madeleine de LA GARANDERIE-OSTERMAN

Dans le chapitre "La défense des études"  : …  entourage du roi, se forma le projet de fonder à Paris un collège trilingue et d'appeler à sa tête *Érasme qui était alors au sommet de sa gloire. Des négociations furent entreprises par l'évêque de Paris, Étienne Poncher, cousin de Guillaume Budé ; on sait qu'Érasme ne répondit que par des atermoiements. Budé de son côté, par une lettre du 2… Lire la suite
CAPITON WOLFGANG FABRICIUS KÖPFEL dit (1478-1541)

Écrit par :  Bernard VOGLER

… *Collaborateur de Bucer, Capiton est plus un savant qu'un homme d'Église. Il a fait des études solides de médecine, de droit (à Ingolstadt) et de théologie (à Fribourg-en- Brisgau). Trois fois docteur, il devient en 1515 prédicateur à la cathédrale de Bâle et professeur de théologie à l'université. Il est très apprécié d'Érasme pour sa science… Lire la suite
CULTURE - Culture et civilisation

Écrit par :  Pierre KAUFMANN

Dans le chapitre "Civilité et relativité culturelle. Le pacte social"  : …  domine : au modèle théologique du De monarchia a succédé un modèle proprement politique. *Érasme songe apparemment à Machiavel, lorsqu'il écrit dans son Institutio principis christiani (1540) que la « civilité, ou que ce soit, ou bien engendre l'amour, ou bien, lorsqu'elle se rencontre chez un grand prince, adoucit la haine du… Lire la suite
DU SERF ARBITRE, livre de Martin Luther

Écrit par :  Jacques-Noël PÉRÈS

, II, 8, 23). Cette question retrouve toute son acuité avec la Réforme, onze siècles plus tard. *En 1524, Érasme publie un traité, qu'il qualifie de diatribe, précisément intitulée Du libre arbitre. L'humaniste, qui ne tient pas, en dépit de son estime pour Luther, à compromettre sa position dans l'Église romaine, y affirme que la… Lire la suite
ÉLOGE DE LA FOLIE, livre de Érasme

Écrit par :  Jean VIGNES

Érasme *Conçu en 1509 et rédigé en latin la même année par Érasme (1467 env.-1536) à son retour d'Italie, dédié en 1510 au juriste anglais Thomas More (futur auteur de l'Utopie, 1516), imprimé pour la première fois à Paris en 1511 sous le titre Encomium Moriae, puis enrichi dansLire la suite
GNOMIQUE POÉSIE

Écrit par :  Véronique KLAUBER

… *Mettre en vers des sentences, des maximes ou des préceptes moraux sert avant tout leur mémorisation, mais leur attrait esthétique ainsi augmenté doit contribuer à leur meilleure propagation. Aussi la poésie gnomique existe-t-elle depuis toujours. Elle est très présente dans la littérature orale, les proverbes rimés et rythmés en relèvent aussi. Le… Lire la suite
HOLBEIN LES

Écrit par :  Pierre VAISSE

…  exécutés en marge d'un exemplaire de L'Éloge de la folie attirèrent sur lui l'attention d'*Érasme auquel il fut longtemps lié et dont il peignit plus tard un certain nombre de portraits, ainsi que de son éditeur Froben. Commença alors une longue et brillante carrière d'illustrateur pour l'imprimerie, dont l'œuvre la plus connue est la Lire la suite
HUMANISME

Écrit par :  André GODINJean-Claude MARGOLIN

Dans le chapitre " Humanisme et arts visuels"  : …  ayant la même pertinence que celles qui sont mentionnées d'entrée de jeu. Le propos sera donc de frayer des voies pour de nouvelles recherches spécifiques par le biais d'un réexamen critique des positions théoriques et des comportements pratiques du « prince » de l'humanisme, *Érasme « le Batave », confronté à l'art et aux artistes de son temps… Lire la suite
INTELLECTUEL

Écrit par :  Jean Marie GOULEMOT

Dans le chapitre "Les travailleurs de l'intelligence"  : …  de ceux qui pensent et écrivent de l'Antiquité au xviiie siècle. À cet égard, *Érasme (1467 env.-1536) constitue un cas exemplaire. Né à Rotterdam, il s'est formé dans les Provinces-Unies et à Paris, a obtenu son grade de docteur à Turin. Il gagna sa vie comme précepteur, voyagea dans toute l'Europe. Il correspondit avec Thomas… Lire la suite
LITTÉRATURE ÉPISTOLAIRE

Écrit par :  Alain VIALA

Dans le chapitre "Art épistolaire et débat d'idées"  : …  Le premier théoricien moderne de l'art épistolaire fut *Érasme, avec son De conscribendis epistolis (1522). Face aux nomenclatures fixes des Formulaires médiévaux, il affirme que les lettres peuvent traiter toutes sortes de sujets et adapter leurs formes et formules en conséquence. Cependant, il maintient une rhétorique de la… Lire la suite
LUTHER MARTIN (1483-1546)

Écrit par :  Martin BRECHTPierre BÜHLER

Dans le chapitre "La mise en œuvre du programme de la Réforme"  : …  étude philologique de la Bible, il avait senti, dès 1516, qu'entre le « prince des humanistes », *Érasme de Rotterdam, et lui il y avait des différences considérables en matière de théologie. De celui-ci, il se refusait à admettre l'idée d'une capacité morale de l'homme à se former et à faire le bien. Érasme avait, il est vrai, reconnu tout de… Lire la suite
MORE THOMAS (1477 ou 1478-1535)

Écrit par :  Gérard DEFAUX

Dans le chapitre "L'humaniste : le frère jumeau d'Érasme"  : …  homme d'action et de pouvoir s'épanouit en More l'humaniste et le lettré qui vont bientôt enchanter *Érasme et l'Europe. Sa rencontre avec Érasme (1499) marque les débuts d'une indéfectible amitié, d'une collaboration et d'une communion intellectuelles fécondes qui coïncident avec les plus belles années de l'humanisme chrétien (1505-1520). Longtemps… Lire la suite
PÉDAGOGIE - Les courants modernes

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Dans le chapitre "La relation pédagogique chez Érasme"  : …  *Érasme a vécu à une époque de transition, particulièrement fertile en contrastes. Il a connu successivement une enfance malheureuse aux Pays-Bas, le climat austère et contraignant des monastères, l'enseignement scolastique des collèges médiévaux, l'éclat de la Renaissance italienne et les débuts de la Réforme luthérienne. Tirant au besoin ses… Lire la suite
PROVERBES

Écrit par :  Marc SORIANO

Dans le chapitre "Quelques repères historiques. De la Bible à Érasme"  : …  proverbes est parfaitement perçu par les grands collecteurs de la Renaissance, en particulier par *Érasme qui les définit comme d'« anciens témoins connus de tous, restes de l'ancienne philosophie [...] taillés comme des pierres précieuses, langage que le peuple partage avec les lettrés ». Il publie et commente à partir de 1500 plusieurs volumes d… Lire la suite
RABELAIS FRANÇOIS (1483 env.-1553)

Écrit par :  Françoise JOUKOVSKY

Dans le chapitre "Sens ou non-sens ?"  : …  fou Triboulet. L'œuvre abonde en dialogues de fous, en divagations cousues de syllogismes absurdes. *Érasme n'avait-il pas écrit un Éloge de la folie, éloge ironique, où se manifestait le pouvoir universel de la folie, mais non sans ambiguïté ? Il se peut en effet qu'une certaine folie soit supérieure à la prétendue sagesse. Qui sait si le… Lire la suite
RENAISSANCE

Écrit par :  Eugenio BATTISTIJacques CHOMARATJean-Claude MARGOLINJean MEYER

Dans le chapitre "La littérature latine en Europe "  : …  la vie littéraire dans le reste de la chrétienté va pendant un temps être centrée autour d'*Érasme (1467-1536). Dès sa première œuvre, celui-ci avait modifié le sens de « barbare » qui signifiait non plus « étranger, donc incapable de parler latin » (sens italien du mot), mais « ennemi des bonnes lettres », ce qui visait, en tout pays,… Lire la suite
SCALIGER JULES CÉSAR (1484-1558)

Écrit par :  Jean-Yves POUILLOUX

… *Né en Italie d'une famille qu'il prétendait illustre et qui fut très vraisemblablement obscure, condottiere de l'épée avant de devenir « gladiateur des lettres » (Nisard), tour à tour étudiant et moine, Jules César Scaliger s'initie à la médecine, qu'il vient exercer en France : il se fixe à Agen, qu'il ne quittera pratiquement plus. Doué d'une… Lire la suite
SYNCRÉTISME

Écrit par :  Dario SABBATUCCI

Dans le chapitre "Histoire du terme"  : …  avaient à s'opposer à un ennemi extérieur. Il fut repris au xvie siècle par *Érasme, qui, dans une lettre à Melanchthon (Corpus Reformatorum, I, 78), formait le souhait que, face aux dangers que le rigorisme réformé et la réaction catholique faisaient courir aux travaux des humanistes, ceux-ci parvinssent à… Lire la suite
ZWINGLI HULDRYCH (1484-1531)

Écrit par :  Jacques Vincent POLLET

Dans le chapitre "Les débuts de Zwingli"  : …  En même temps, il se plongeait dans l'étude des scolastiques et des Pères, puis, sous l'influence d'*Érasme, il se mit à étudier le grec (1513) et copia les épîtres de saint Paul (en grec), d'après l'édition du Nouveau Testament (Bâle, mars 1516), pour les mémoriser suivant le conseil que donne Érasme dans l'Enchiridion. Zwingli se rattache… Lire la suite

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