Poème babylonien qui doit son titre au nom de son protagoniste, le dieu de la Peste et de la Guerre. Le poème d'Éra raconte, en quelque sept cent cinquante vers, la destruction et la restauration de la Babylonie : les Sept, divinités guerrières, excitent leur maître Éra, qui y est déjà enclin, à attaquer les hommes, coupables d'être trop bruyants, et même les animaux. Son compagnon, Ishum, qui joue à ses côtés un rôle modérateur, le met en garde contre ce qu'il considère comme un complot contre les dieux ; mais Éra a un plan simple, qu'il va réaliser point par point : persuader Marduk de quitter son temple de Babylone, où sa présence assure l'ordre du cosmos. Marduk se montre réticent, d'autant que le monde, après le Déluge, n'a pas vraiment retrouvé sa stabilité, sa propre statue n'a pas retrouvé son éclat. Éra lui propose alors de prendre sa place pendant que les ouvriers divins restaureront son apparence.
Dès le départ de Marduk, le désastre qu'il avait craint se déchaîne : Éra se refuse à remplir ses engagements envers son prédécesseur et applique son terrifiant programme de destruction universelle et de subversion de toutes les valeurs de la civilisation. Les dieux s' […]
