5. L'équilibre « de concurrence parfaite »
Un équilibre de concurrence parfaite est donc un ensemble de prix, un par bien, tel que, à ces prix, il y a égalité entre l'offre et la demande (globales) de chaque bien, les offres et les demandes émanant d'individus (ménages, entreprises) qui adoptent un comportement de « preneurs de prix » (au sens défini ci-dessus). La concurrence est « parfaite », dans le sens où tout le monde possède la même information sur « le monde extérieur » (les prix affichés par l'instance centrale) ; mais peut-on dire qu'il y a « concurrence » lorsque personne ne cherche à savoir ce que fait, ou va faire, son voisin – et se contente de « prendre » passivement les prix proposés ? Rien n'est moins sûr. Une chose est toutefois certaine : le modèle de concurrence parfaite suppose une forme d'organisation très particulière, très centralisée, des relations économiques, et a donc un rapport très lointain avec l'idée que l'on se fait habituellement de la concurrence. Pourquoi alors s'intéresser à ce modèle, et à ses équilibres, qui servent en fait de référence dans la plupart des discours théoriques en économie ? On peut avancer deux raisons à cela : d'une part, la relative simplicité du modèle de concurrence parfaite, simplicité qui découle du fait que les offres et les demandes ne dépendent que des prix ; d'autre part, les équilibres de concurrence parfaite ont une propriété intéressante d'un point de vue normatif : ce sont des optimums, au sens de Pareto (Manuel d'économie politique, 1906). Ce qui signifie que, lorsque les offres et les demandes (aux prix d'équilibre) sont satisfaites – les échanges ayant été effectués, par l'intermédiaire du commissaire-priseur –, il ne subsiste plus d'occasion de faire des échanges mutuellement avantageux (on ne peut améliorer la situation d'un individu sans détériorer celle d'au moins un autre). Cette propriété d'optimalité découle de la forme même du modèle : en centralisant les offres et les demandes à des prix do […]
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