11. Équilibre intertemporel et équilibre temporaire
Un autre aspect de l'équilibre économique qu'on ne trouve pas dans l'équilibre au sens des sciences de la nature est le temps, dont des individus conscients ne peuvent que tenir compte. En effet, celui qui sait que ses décisions vont influencer non seulement sa situation actuelle, mais aussi sa situation future, va faire un choix qui essaiera de prendre en compte à la fois le présent et le futur – son choix va être « intertemporel ». Ce choix dépend évidemment de ses anticipations, qui concernent non seulement ce que vont faire les autres « maintenant », mais aussi, de façon plus générale, ce qu'ils vont faire, et ce qui va se passer, dans le futur. Il existe deux façons d'envisager l'équilibre en tenant compte du temps. La première, la plus exigeante, considère que les individus font des prévisions correctes sur ce qui va se passer pendant toute la « durée de vie » de l'économie. On dit alors qu'on est en présence d'un équilibre intertemporel – dont la dimension autoréalisatrice est évidente. Comme cela est très souvent le cas, l'équilibre de référence est ici encore celui de la concurrence parfaite : on suppose que le commissaire-priseur affiche des prix présents et futurs, les ménages et les entreprises formulant des offres et des demandes « intertemporelles » – pour leurs consommations et leurs productions durant toute leur vie. Lorsque les prix sont d'équilibre, le commissaire-priseur enregistre les propositions de tout le monde : chacun n'a plus alors, à chaque période, qu'à livrer ce qu'il offre, et à recevoir ce qu'il demande – le commissaire-priseur veillant à ce que tous les contrats soient honorés. Tout est réglé « au début » : formellement, l'équilibre intertemporel en concurrence parfaite ne se distingue pas de l'équilibre tel qu'il a été décrit plus haut – on ne fait qu'ajouter une caractéristique supplémentaire aux biens : leur date de disponibilité (des événements aléatoires exogènes, appelés « états de la nature », peuvent auss […]
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