3. Une démocratie fragile
Depuis les années 1980 particulièrement, l'Équateur apparaît comme un pays « à risques ». En premier lieu, il s'agit de risques naturels : de 1990 à 1995, deux cent treize catastrophes naturelles ont été enregistrées. Glissements de terrain, séismes, éruptions volcaniques, pluies dévastatrices et impacts du phénomène climatique El Niño mettent en lumière la vulnérabilité de la société équatorienne toujours aussi peu préparée à y faire face, alors que le clientélisme et la corruption détournent l'aide nationale et internationale. Ces risques naturels sont même perçus comme les principaux agresseurs aux yeux d'une société qui est en paix avec ses voisins, notamment avec le Pérou (signature d'un traité de paix en octobre 1998 fixant définitivement les frontières).
En second lieu, les Équatoriens aiment à rappeler que « l'Équateur ne mourra pas des calamités naturelles mais des mauvais gouvernements ». Depuis les années 1970, l'Équateur est présenté comme un pays ingouvernable dans lequel existent des risques économiques, avec un contexte de crise continue, des risques sociaux liés aux inégalités et à la multiplication des protestations populaires, et des risques politiques avec plusieurs putschs qui révèlent la fragilité de la démocratie.
• Retour à la démocratie et première crise de la dette (1978-1984)
L'usure du pouvoir, les tensions internes à l'armée, la pression sociale croissante minent les bases de la dictature du Conseil suprême dirigé par le contre-amiral Alfredo Poveda, junte qui succède, le 11 janvier 1976, au triumvirat militaire du général Guillermo Rodríguez Lara, et qui envisage, à partir de 1977, le retour à la démocratie. Une nouvelle Constitution, proposée par référendum en 1978, entre en vigueur en 1979. Elle instaure un mandat présidentiel de quatre ans, la non-rééligibilité du président, une chambre unique – le Congrès national – qui exerce les fonctions législatives et de contrôle du gouvernement, ainsi que le suffrage universel qui accorde, pour la première fois, le droit de vote aux analphabètes. Les militaires organisent également l'élection présidentiel […]
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