En 710, le gouvernement impérial du Japon prend la décision de se fixer à Heijo-kyo (actuelle Nara). Jusque-là, l'empire n'avait pas de capitale fixe. Le plan en damier de la ville s'inspire de celui de Chang'an, capitale chinoise de la dynastie des Tang. La période qui s'ouvre alors au Japon se caractérise par une forte influence chinoise dans les domaines politique, artistique et culturel. Comme en Chine, les empereurs réussissent à s'imposer face aux clans. Le modèle administratif chinois s'impose aussi et inaugure l'avènement d'un système autocratique. Les premières Annales du Japon en langue vernaculaire, mais en idéogrammes chinois, sont rédigées dès 711 sur ordre de l'impératrice Gemmyo : elles développent l'image d'un empire nippon à dimension internationale sur le modèle continental. Le bouddhisme, vecteur de l'influence chinoise, prend une importance croissante et devient la religion de l'État, aux dépens du shinto, la religion japonaise. C'est ainsi probablement l'ascendant pris par les temples bouddhiques et les privilèges économiques qu'ils possèdent qui expliquent le choix d'une nouvelle capitale à la fin du viiie siècle : Heian-kyo (actuelle Kyōto).
Pascal BURESI
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