Dans la conscience commune, l'épicurisme souffre d'un malentendu. Il serait par excellence une philosophie du plaisir, un hédonisme, et l'épicurien un jouisseur, au mieux un bon vivant, au pire un débauché. Or, s'il fait l'éloge du plaisir, c'est dans le cadre d'un ascétisme raisonné. Une analyse rigoureuse des plaisirs véritables conduisait en effet Épicure (341-270 av. J.-C.) à juger que « ni les beuveries et les festins continuels, ni la jouissance des garçons et des femmes [...] n'engendrent la vie heureuse, mais le raisonnement sobre [...] chassant les opinions par lesquelles le trouble le plus grand s'empare des âmes » (Lettre à Ménécé).
La recherche du bonheur anime l'épicurien. Or la vie heureuse est d'abord une vie exempte de douleur et dépourvue d'inquiétude (ataraxie). Il faut tout faire pour éviter de souffrir, ou plus simplement d'être troublé. Seul est vrai l'individu dans ses sensations immédiates de plaisir et de déplaisir. Tout le reste est vain, et n'existe pas à proprement parler : le passé et l'avenir, les supputations de la raison, les délires de l'imagination, les illusions du désir. En ce sens, la sagesse est de toujours suivre la nature, et […]
Autres références
« ÉPICURISME » est également traité dans :
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ARTS POÉTIQUES
Auteur :
Alain MICHEL
Dans le chapitre "Éloquence et poésie" : …
diverses écoles. Le même débat a peut-être existé chez Horace, mais nous croyons qu'il a choisi l'*épicurisme. L'Épître aux Pisons, qui est plus généralement appelée Art poétique, est un poème de 476 vers hexamètres, dédié sans doute aux petits-fils de Pison, ancien consul, rival puis allié de Cicéron, qui vivait dans une belle…
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BONHEUR
Auteur :
André COMTE-SPONVILLE
Dans le chapitre "Le bonheur en acte" : …
qu'il faut partir, mais du plaisir : plaisir du corps (la jouissance), plaisir de l'âme (la joie). *Du bonheur, nous n'avons en effet, sauf le sage, aucune expérience positive ; du plaisir, dirait Épicure, aucune expérience négative. C'est donc le plaisir, non le bonheur, qui est le bien premier : le bonheur ne serait rien sans le plaisir, quand le…
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BRUEGEL L'ANCIEN PIETER (1525 env.-1569)
Auteur :
Claude-Henri ROCQUET
Dans le chapitre "L'un et le multiple" : …
Si la dialectique est en quelque sorte la « métaphysique » – et la « physique » – de Bruegel, l'*épicurisme est sa morale. La mort est inévitable ; mais d'où viennent les misères, l'infirmité ? Peut-être souvent de l'excès, de la vie contre nature. Les paysans sont repus, mais lourds et sans esprit, promis à la goutte. Éloge de la paresse, le…
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DE LA NATURE, Lucrèce
Auteur :
Francis WYBRANDS
troubles (guerre civile, révolte des esclaves emmenés par Spartacus, massacres, paupérisation...). *La doctrine d'Épicure trouva chez Lucrèce de quoi satisfaire le besoin d'une sagesse (ou ataraxie) qui permettrait de se détacher du monde et de ses tumultes. Religion, morale, politique doivent être ordonnées en fonction de la recherche du plaisir…
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ÉPICURE (~341-~270)
Auteur :
Graziano ARRIGHETTI
Dans le chapitre "L'épicurisme" : …
*On ne peut exposer la physique épicurienne sans tenir compte de quelques données. En premier lieu, bien que pour Épicure la physique reste subordonnée à l'éthique, il ne l'élabora pas avec moins de soin et d'enthousiasme, précisément parce qu'elle constituait à ses yeux le fondement de l'éthique ; en second lieu, et en étroit rapport avec ce qui…
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Bibliographie
P. Nizan, Démocrite, Épicure, Lucrèce. Les matérialistes dans l'Antiquité, Arléa, Paris, 1999
G. Rodis-Lewis, Épicure et son école, Idées-Gallimard, Paris, 1977, rééd. 1993
J. Salem, L'Atomisme antique, Démocrite, Épicure, Lucrèce, L.G.F., Paris, 1997
M. Onfray, L'Épicurien, Encre marine, Fougères, 2004.
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