Né à Nisibe (Mésopotamie) de parents chrétiens, Éphrem subit profondément l'ascendant du rude et tendre évêque de sa ville natale, Jacques (303-338). De cette époque date probablement sa vocation de « moine à domicile », comme on en trouve beaucoup d'exemples dans son milieu. Sous Vologèse (346-361), le successeur de Jacques, il est un maître en renom. En sa qualité de diacre (il se refusera toujours à dépasser ce degré), il prononce des homélies devant l'assemblée des fidèles et dirige l'exécution de ses propres compositions poétiques par des chœurs d'enfants et de vierges dans la cathédrale de Nisibe. En 363, la ville tombe au pouvoir des Perses, au terme d'un siège mémorable. Avec beaucoup de ses coreligionnaires, il se réfugie en territoire romain, à Édesse, où il jette les bases de la célèbre « école des Perses ». C'est là qu'il meurt.
Éphrem a légué une œuvre syriaque immense, dans laquelle l'apocryphe le dispute à l'authentique. Traduite en grec de son vivant, on la lira plus tard en arménien, en latin, en arabe, etc. Ce qui, dans ces écrits, appartient effectivement à Éphrem est assez considérable pour fonder un jugement. La poésie y tient une place originale, qui […]
