6. À la recherche des causes de l'épeirogenèse
La confrontation de tout ce qui précède tend à inciter à beaucoup de prudence sur le plan causal. D'emblée, il est clair qu'il existe plusieurs sortes d'épeirogenèses. Dans le cas général, on a vu qu'il s'agit d'un processus lent, autonome, irréversible. Tout modèle explicatif faisant intervenir des phénomènes réversibles est donc à considérer avec méfiance (changements de phases, glissement des plaques au-dessus de « bumps » ou de points chauds, etc.). Du reste, la géophysique atteste que la croûte, sous les plus profonds bassins de subsidence intracontinentale, est souvent amincie, surtout dans la partie où la vitesse de propagation des ondes correspond à un socle « granitique » ; mais la nature exacte de la modification subie reste fort discutée, et ne se ramène que pour une part minime à une simple distension.
La présence des bombements de réjuvénation mimétique posthume de tronçons de vieilles chaînes conduit (en l'absence de toute loupe ou racine crustale résiduelle) à imaginer une sorte de « mémoire » du manteau supérieur sous-jacent, qui aurait conservé une composition un peu particulière par rapport à celui des plates-formes banales encadrantes, d'où on ne sait quelle réactivation sélective lors des crises épeirogéniques générales. Dans le cas précis de la chaîne calédonienne scandinave, les données géophysiques actuelles sont impuissantes à faire ressortir cette spécificité. Aucun flux géothermique particulier n'est noté. Sur aucune carte ou grille récapitulant les mesures d'ordre varié faites en Fenno-Scandie n'apparaît une opposition quelconque entre les domaines respectifs du bourrelet réactivé et de la plate-forme inerte.
Force est d'avouer que l'épeirogenèse reste aujourd'hui l'un des grands phénomènes géodynamiques le moins bien expliqué. Loin d'être élucidé de façon satisfaisante par les modèles de la théorie des plaques (sauf à titre de cas particuliers), il s'agirait bien plutôt d'une sorte de vie intime des plaqu […]
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