3. Pathologie
Parmi les nombreuses affections de l'épaule seront retenus les traumatismes et les arthrites, lesquelles sont dues à des processus inflammatoires et dégénératifs.
Le traumatisme le plus banal est l'entorse de l'épaule, qui peut survenir lors d'une chute à la renverse sur la main. La douleur se projette soit en avant, dans la coulisse bicipitale, soit en dehors, sous l'acromion. Une entorse grave peut s'accompagner de la rupture du tendon de la longue portion du biceps, plus souvent de la « rupture de la coiffe » des muscles courts-rotateurs ; il s'agit d'une brèche de la capsule avec rupture des tendons sus- et sous-épineux, ce que met en évidence l'arthrographie de l'épaule. Elle entraîne une limitation de l'abduction et peut, dans certains cas, nécessiter une réparation chirurgicale.
Parmi les fractures, on oppose les lésions parcellaires, comme la fracture du trochiter, et les fractures complètes du col chirurgical de l'humérus.
Les fractures du col sont fréquentes chez les personnes âgées. Les fragments sont souvent pénétrés, et la consolidation (qui peut laisser des séquelles) s'obtient par simple immobilisation.
La luxation de l'épaule est très commune. Il faut différencier la forme habituelle, qui survient après un important traumatisme, et nécessite pour la réduire une anesthésie générale. Par contre, la luxation récidivante, fréquente chez les jeunes, souvent préparée par des malfaçons de la tête et du col de l'humérus, peut se produire à la suite d'un simple faux mouvement ; elle se réduit par une faible traction, mais récidive parfois au cours de la même journée. Elle nécessite une intervention réparatrice, qui vise à refixer à la glène le bourrelet désinséré, ou à créer une butée osseuse.
Sous le terme imprécis d'arthrite de l'épaule, on englobe des lésions inflammatoires, fugaces, du type rhumatisme articulaire aigu ; des affections microbiennes, à staphylocoques (ostéomyélite), à bacilles tuberculeux (tumeur blanche) ; enfin des processus dégénératifs, assez voisins des arthroses. La forme la plus fréquente est la périarthrite scapulo-humérale ; la radiographie montre le siège des lésions, au niveau de la deuxième articulation de l'épaule : aspect irrégulier du trochiter, avec géodes et zones hypercondensées, calcification avec ou sans rupture des lames tendineuses des courts-rotateurs (« coiffe »). Typiquement, la maladie se déroule en deux phases : une période inflammatoire, hyperalgique, évolutive ; puis une période ankylosante, aboutissant à une grave limitation de l'abduction.
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