Motif plus ou moins complexe de rubans tressés. L'entrelacs fait partie du répertoire ornemental de l'Assyrie. Il orne un cylindre syro-cappadocien du ~ IIe millénaire (coll. Newell) ainsi que les chefs-d'œuvre toreutiques du début du ~ Ier millénaire, retrouvés à Ziwiyé et Kalar Dasht et conservés au musée de Téhéran. En Grèce, l'art dit « orientalisant » qui, à partir de la fin du ~ viiie siècle et au cours du ~ viie siècle, va opérer la transition entre les périodes géométrique et archaïque, empruntera largement ce motif à l'Orient. L'entrelacs, constitué alors de deux rubans torsadés, est utilisé par les peintres de céramique comme élément de remplissage dans les zones figurées ou encore en bande. Tous les centres de fabrication semblent l'avoir adopté puisqu'il apparaît sur les vases proto-attiques, rhodiens aussi bien que « méliens », ou sur la céramique de Chios. L'entrelacs ne semble pas toutefois avoir été très prisé par les ateliers de Corinthe bien qu'il décore un brassard de bouclier en bronze, production corinthienne du deuxième quart du ~ vie siècle, trouvé à Olympie.
L'entrelacs est encore présent sur des objets provenant de Grèce de l'Est — sarcophages de Clazomènes — dans le cours du ~ vie siècle, mais la grande céramique attique à figures noires abandonne progressivement cette double tresse au profit des grecques et des rinceaux.
Dans le décor polychrome des terres cuites architecturales qui ornaient les chéneaux, les antéfixes, les acrotères et les métopes des premiers grands temples de pierre, l'entrelacs occupe une place importante. On le trouve tout particulièrement en Grèce propre — trésor de Géla à Olympie, Argos, Corinthe, Thermos... — à l'ouest, en Sicile — Sélinonte, Géla, — et en Grande-Grèce.
Martine Hélène FOURMONT
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