2. Adam Smith, « père fondateur » de l'économie politique
Smith est l'un des premier auteurs à présenter les relations économiques comme un ensemble régi par des lois. De plus, il cherche à montrer que ces relations s'autorégulent, grâce au marché.
La théorie de la valeur devient donc une pièce centrale de la théorie économique, qui fonde théoriquement la doctrine libérale. Elle va de pair avec l'idée selon laquelle on peut faire abstraction de la monnaie pour comprendre les lois essentielles de l'économie, une approche qui s'imposera largement jusqu'à la révolution keynésienne des années 1930.
Smith est aussi le fondateur de l'école classique, de David Ricardo à Jean-Baptiste Say, qui au xixe siècle influencera Karl Marx, et au xxe siècle, entre autres, l'école de la régulation (Michel Aglietta, Robert Boyer).
L'analyse de Smith est dynamique, articulée à la notion de reproduction technique et sociale (celle de l'ordre social le plus approprié à l'enrichissement). Smith est d'ailleurs le premier auteur à donner une définition économique des classes sociales comme à définir le profit, associé à l'avance du capital.
Smith a souvent servi de référence théorique au libéralisme, parce qu'il oppose l'efficacité de la liberté à l'inutilité des systèmes interventionnistes : une « main invisible » (dont la postérité est inversement proportionnelle à son occurrence dans l'ouvrage) conduit chacun, sans qu'il en ait l'intention et sans qu'il le sache, « à faire avancer l'intérêt de la société ». Le système de la liberté naturelle est le moins mauvais selon Smith et c'est surtout, à l'encontre des mercantilistes, la liberté dans l'emploi du capital qu'il défend. Mais, ce système de liberté ne produit ses effets bénéfiques que s'il est encadré par l'État, garant de l'intérêt de la société, face à l'égoïsme des individus. C'est ainsi que Smith prône la fixation légale du taux d'intérêt et la réglementation du commerce des banques : « De telles réglementations peuvent, sans doute, être considérées [...] comme une violation de la liberté naturelle. Mais cet exercice de leur liberté naturelle par quelques individus, qui pourrait mettre en danger la sécurité de la société tout entière, est et doit être restreint par les lois de tous les gouvernements ; les plus libéraux comme les plus despotiques. »
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