La « cure psychanalytique », ou plus exactement le travail analytique, tel que Freud en a conçu et formulé les règles, est un travail verbal. Prétendre intégrer dans le processus psychanalytique un redressement de comportements anormaux ou déviants fait partie d'une entreprise de dénaturation de la psychanalyse. L'analyste n'a d'autre matériau que ce qui se passe sur le divan, défini comme un lieu de parole où sont représentées dans un discours les positions fondamentales du patient. La présence d'un analyste, le maintien de son silence, la rétribution de ce silence (comme on « désintéresse » quelqu'un d'une affaire) sont autant d'éléments qui composent une situation de parole. À quoi il convient d'ajouter, aujourd'hui, la vulgarisation d'un certain nombre de thèses diffuses construites à partir de la découverte de Freud : existence de l'inconscient, prédominance de la sexualité, mythe de l'Œdipe ; ces thèses constituent des discours déjà écrits quelque part, publiés, voire à la mode, et que le patient se croit plus ou moins obligé de reprendre à son compte. En d'autres termes, des énoncés qui se trouvent repris et assemblés comme on compose un recueil de morceaux chois […]
