8. L'enfer dans le christianisme
La notion chrétienne de l'enfer se différencie des conceptions archaïques et orientales par l'insistance sur le destin unique de la personne, dans une temporalité qui est non plus cyclique mais historique, et que le Christ aurait ouverte à l'éternité.
• L'enfer, condition de l'humanité déchue
Dans l'Ancien Testament, le shéol (« lieu des morts ») désigne la condition spirituelle où se trouvent, après la mort, toutes les âmes : abîme obscur (l'Hadès des Septante, de a privatif et de la racine id, voir), où l'humanité « gît dans les ténèbres et l'ombre de la mort » (Luc, i, 79). Peu à peu, cet aspect tragique de la mort se révèle comme une dimension permanente de l'existence humaine séparée de sa source divine. Certes, les textes plus récents différencient dans le shéol plusieurs états, le « sein d'Abraham » pour les justes et la « géhenne de feu » pour les impies (du nom d'un ravin maudit près de Jérusalem, où les cadavres, rongés de vers, étaient brûlés (Is., lxvi, 24). Pourtant tous restent dans une situation de « vie morte » (Grégoire de Nysse) et les prophètes implorent une résurrection qui restaurerait les personnes dans l'unité indivisible du corps et de l'âme.
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