4. Enfers et paradis bouddhiques
Dans le Majjimanikāya, collection d'un certain nombre de « discours du Bouddha », les tortures de l'enfer sont décrites avec précision. Certains pécheurs, attelés à de lourds chariots, parcourent une étendue de flammes ; d'autres sont forcés de se jeter la tête la première dans un chaudron d'airain bouillant ; d'autres encore sont plongés dans une rivière de feu. Les auteurs bouddhistes postérieurs ont considérablement élaboré la description des supplices. Le nombre des enfers varie : dix, treize ou deux cent cinquante-six. L'« enfer du chaudron de fer » mesure soixante lieues d'étendue, et il faut trente ans pour descendre jusqu'au fond. Dans un autre enfer, le pécheur brûle pendant 576 millions d'années. Et cependant tous ces enfers sont considérés comme « temporaires ».
Selon le Mahayana, il y a huit enfers chauds et huit enfers froids, chaque groupe étant entouré de seize enfers moindres. Parmi les huit enfers chauds, il en est un où les pécheurs s'arrachent mutuellement la chair avec des griffes de métal ; un autre où des éléphants de fer piétinent les victimes ; un troisième, dit l'« enfer de la chaleur cuisante », où les suppliciés sont réduits en cendres dans un fourneau. Dans un des enfers froids, la chair éclate et se couvre de plaies ; dans un autre, les lèvres gèlent.
Quant aux paradis, ils sont, tout comme les enfers, « temporaires », et dans le bouddhisme primitif ils ne constituaient pas le but ultime du croyant. Mais, bien que rien ne puisse se substituer à la Délivrance et au Nirvana, les cieux paradisiaques du brahmanisme ont été acceptés comme des séjours temporaires des vertueux. Les textes rédigés en pāli comportent des allusions fréquentes aux « heureux royaumes du ciel », et à des cieux spécifiques comme le « Monde de Brahmā », le ciel des trente-trois dieux dont Indra est le souverain ou le ciel Tusita, habité par le Bouddha avant de renaître sur la terre.
Mais, tout comme pour les enfers, le Mahāyāna élabora systématiquement la géographie des paradis
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