4. Le psychisme postnatal
Schématiquement, les deux années qui suivent la naissance sont marquées, la première, par le processus de personnalisation, la suivante, par l'émergence de la communication verbale. Le psychisme, durant cette période, se développe à un rythme très rapide, de même que l'organisme. Le poids du cerveau du bébé passe d'environ 340 grammes à la naissance à 1 150 grammes à l'âge de deux ans (pour atteindre 1 400 grammes à vingt ans). Si l'équipement en neurones (environ 10 milliards) est fixé à la naissance, le câblage cérébral se poursuit bien au-delà, surtout durant les deux premières années, au fur et à mesure des progrès de la myélinisation (N. Baumann et coll., I.N.S.E.R.M.). Chaque neurone peut avoir jusqu'à 100 000 contacts avec les neurones voisins. Le cervelet, qui à la naissance n'est qu'une ébauche, achève sa croissance au douzième mois. Des travaux neurochimiques ont montré que le cerveau est particulièrement vulnérable à la malnutrition durant cette période (Elie A. Shneour, 1975), comme d'ailleurs pendant la vie intra-utérine. Cependant, la croissance ne dépend pas seulement des déterminismes génétiques et biophysiologiques. Pour une grande part, elle est soumise, durant les deux premières années, à l'influence des stimulations émanant de l'environnement, comme en témoignent les études, évoquées plus haut, sur la plasticité du système nerveux. Mais, pour que ces stimulations soient appropriées et bénéfiques, il faut qu'elles surviennent au milieu de relations qui nourrissent l'affectivité de l'enfant. On ne peut concevoir, en effet, les acquisitions cognitives initiales comme séparées de la vie émotionnelle, d'autant moins que ces deux aspects du psychisme sont inséparables du vécu corporel.
Aussi est-il préférable d'envisager celui-là selon une perspective unitaire et d'abandonner la tripartition classique qui distingue : le développement psychomoteur conçu selon le modèle béhavioriste d'Arnold Gesell ; les étapes du développement cognitif délimitées par la ps […]
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