4. L'âge scolaire : de six ans à l'âge de la puberté
Cette période se prête plus mal que celles qui précèdent à un découpage en stades bien individualisés. La scolarité prend ici une place essentielle, la plus grande partie de la vie de l'enfant se passe à l'école. Ses contacts sociaux se multiplient et se diversifient. La réussite ou l'échec scolaire sont généralement au premier rang des préoccupations parentales à son égard, ce qui donne à la scolarité une dimension affective évidente. Or l'enfant de cet âge ne comprend que rarement l'intérêt des notions qui lui sont enseignées et qui lui apparaissent souvent comme complexes, rebutantes, inutiles. Si certains, du fait de leurs dispositions et d'un soutien familial efficace, vivent une scolarité sans heurts, d'autres, handicapés par les difficultés instrumentales, une intelligence moyenne, voire médiocre, ou ne pouvant compter sur l'aide familiale, risquent d'accumuler les échecs. Or, le retentissement des difficultés scolaires sur l'équilibre du sujet s'exprime par de multiples troubles de la conduite, qui, a priori, peuvent sembler sans nul rapport les uns avec les autres : phobies scolaires, école buissonnière, d'une part, mais aussi mensonges, fugues, vols, difficultés alimentaires ou encore sphinctériennes.
Au point de vue proprement psychique, l'imagination débordante de l'âge préscolaire se tempère et l'on assiste à la naissance de la pensée concrète ; le petit écolier est capable d'une concentration de plus en plus durable et intense. Son attention est de moins en moins labile et dispersée. Il est capable de poursuivre un but déterminé, encore qu'il se décourage facilement. Socialement, il se dégage, non sans heurts, de l'emprise parentale, s'intègre dans des groupes d'enfants de son âge et y remplit un rôle précis. Naturellement, le milieu dans lequel il vit joue un rôle essentiel : d'où une ségrégation socioculturelle dans le monde même des enfants, à laquelle l'école ne peut suppléer.
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