3. De l'engouement au rejet
Après avoir suscité un engouement quasi général auprès de la population française, l'énergie éolienne commence à subir une large désaffection du public à mesure que le nombre de sites augmente et que la réalité du terrain dissipe les enthousiasmes initiaux. On évoque, pour expliquer ce retournement, le syndrome NIMBY : Not In My Back Yard, ce qui signifie littéralement « pas dans mon jardin ».
• Impacts visuel et sonore
Les riverains concernés par la proximité d'éoliennes parlent d'un effet d'écrasement et d'oppression, les mâts culminant à des hauteurs excessives. Au-delà de ces réticences d'ordre esthétique sont mises en avant les nuisances révélées par les sites en fonctionnement et des craintes suscitées par l'ignorance des effets à long terme sur la santé. Les flashs lumineux nocturnes, indispensables pour la sécurité aérienne, constituent notamment une source de stress pour les riverains. Mais au premier rang des nuisances vient celle du bruit : le bruit qui est généré par un aérogénérateur est d'origine aérodynamique et mécanique. Les machines actuelles, bien que moins bruyantes que celles des années 1990, engendrent des puissances acoustiques de l'ordre de 90 à 100 décibels à leur pied. La législation en vigueur définit une limite, appelée émergence E, exprimée en décibels et égale à la différence entre le niveau sonore ambiant (avec éolienne) et le niveau sonore résiduel (sans éolienne). Le décret du 31 août 2006 stipule qu'une éolienne en fonctionnement ne doit pas dépasser une émergence de 3 décibels la nuit (de 22 heures à 7 heures) et de 5 décibels le jour. Outre les sons audibles, les éoliennes génèrent des infrasons, non entendus par l'oreille humaine, mais perçus par l'organisme, et qui se propagent beaucoup plus loin que les sons audibles. Ces craintes concernant la santé humaine ont toutefois été jugées sans fondement par l'Académie nationale de médecine.
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