4. Destin de l'« Encyclopédie »
Quelle que soit l'interprétation adoptée, du moins est-il incontestable, répétons-le, que la nouveauté du projet réside en son inspiration scientifique et en sa croyance au progrès. Diderot a vu juste lorsqu'il présente son ouvrage comme constamment à refaire, comparable à un organisme – l'être qui ne meurt point – vivant en renouvelant ses cellules. La langue vieillit vite. Les connaissances d'aujourd'hui seront vieilles demain. Depuis le xviiie siècle, avant même l'achèvement du Dictionnaire raisonné de Diderot – avec le Journal encyclopédique (1756-1793) – et dès l'achèvement – avec l'Encyclopédie dite d'Yverdon (1770-1780), le Supplément au Dictionnaire des sciences, des arts et des métiers (1776-1777) et l'Encyclopédie méthodique (1782-1832) chez le libraire Panckoucke –, les encyclopédistes n'ont cessé de se succéder, souvent se spécialisant pour mieux canaliser la surabondance des matières : cela seul qui était lutte antireligieuse tombait en désuétude.
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