Datée du 8 septembre 1907, et faisant suite au décret Lamentabili, l'encyclique Pascendi de Pie X signait la condamnation solennelle du modernisme — défini comme « le collecteur de toutes les hérésies » — et, pour la première fois, présentait une synthèse du mouvement novateur tel qu'il était perçu à Rome. L'exposé doctrinal était suivi d'une partie disciplinaire.
Cet exposé dressait un portrait type, une image robot du moderniste, personnage à facettes multiples (le philosophe, le croyant, le théologien, l'historien, le critique, l'apologiste, le réformateur) et explicitait les principes fondamentaux qui nourrissaient sa pensée : agnosticisme, immanentisme, évolutionnisme, subjectivisme, relativisme. Les formules vives n'y manquent pas et témoignent de l'inquiétude éprouvée : « délire », « insanité », « audace sacrilège » qui « échauffent la bile ». Les modernistes sont durement traités et la gravité de mœurs qui leur est reconnue ne fait qu'aggraver leur cas puisqu'elle les aide à suborner les esprits. La sympathie qu'ils rencontrent jusque dans les milieux de foi intègre est sévèrement réprimandée. Enfin, des mesures pratiques sont édictées pour remédi […]
