Ce sont les musées, en particulier en Grande-Bretagne, qui ont développé l'intérêt des historiens de l'art pour l'encadrement des œuvres. Les « bordures », comme on les appelait aux xviie et xviiie siècles, qui accompagnent la peinture, en disent beaucoup sur la valeur accordée à celle-ci, sur l'usage culturel qui lui était réservé – plus que le socle de la sculpture dont l'histoire, plus simple, s'écrit en parallèle. Dans la langue parlée, on dit un « cadre » pour un tableau. Cette intérêt pour le cadre, a priori « en marge » de l’œuvre d’art, justifie chaque année une large part des budgets d'acquisition des grands musées mondiaux. Plus que l'histoire du goût, c'est l'histoire de la vision des œuvres d'art qui est ici en cause. Aujourd'hui, le visiteur habitué des expositions internationales peut jouer à distinguer, de manière parfois subtile, un cadre de musée d'un cadre de collection privée, un cadre de la National Gallery de Londres d'un cadre de l'Ermitage de Saint-Pétersbourg, ou encore un cadre ancien d'un cadre d'origine. En France, certains cadres sont des monuments historiques classés (par exemple le cadre du portrait de Louis X […]
