3. Le témoignage des arts
Plus accessibles que la littérature, les arts classiques de l'Inde ont préservé, à travers des œuvres de qualité, une image idéalisée de la société et le reflet des conceptions en vigueur au temps des Gupta.
Les édifices laïques, construits pour la plupart en bois, ont disparu. Seuls subsistent des monuments religieux : grottes destinées au culte ou à l'habitation des moines, creusées au flanc des falaises et décorées selon des techniques éprouvées ; bâtiments conventuels bouddhiques en brique, dévastés lors de l'avance musulmane (xiie-xiiie s.) ; temples de pierre et, plus rarement – parce que moins robustes –, de brique. Aucun temple de pierre connu n'est antérieur à la fin du ive ou au début du ve siècle. Aussi est-on enclin à considérer l'emploi de la pierre dans ces constructions comme une innovation de l'époque Gupta, les architectes s'étant probablement contentés jusqu'alors d'utiliser la brique. Parmi ces temples, les plus vénérables sont composés d'une petite cella carrée précédée d'un porche (Sāñcī, Tigāwā, Udayagiri). On remarque des toitures faites de simples dalles plates qui pourraient, dans bien des cas, résulter de réfections tardives. Il demeure probable que la majorité des temples édifiés à l'air libre étaient couverts d'assises superposées, plus ou moins nombreuses selon que la structure est en brique ou en pierre : couverture qui évoquait la montagne sacrée, pôle du monde, et dont l'évolution aboutit rapidement à la tour curviligne qui surmonte les sanctuaires de styles post-Gupta et médiéval en Inde du Nord.
Les tendances locales que manifestait la sculpture des périodes précédentes s'unifièrent et s'harmonisèrent à l'époque Gupta. Tout en restant fidèles à la tradition, les artistes s'attachèrent désormais à traduire toutes les nuances du sentiment religieux. Les thèmes décoratifs anciens, très probablement chargés de signification symbolique, se trouvèrent alors revivifiés. De leurs mutations et de leurs multiples combinais […]
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