6. La transformation de l'héritage culturel
Empédocle appartient à l'âge des « poètes philosophes ». Comme Parménide et Xénophane, il écrit en vers, tandis qu'Anaximandre, Anaximène, Héraclite choisissent, avant lui, d'autres formes. Il s'exprime dans la langue épique que les Grecs avaient héritée d'Homère, interprétant et approfondissant un texte illustre (L'Iliade et L'Odyssée, et, sans doute, d'autres poèmes du cycle épique qui ont été perdus), déchiffrant, à travers lui, le monde des hommes et des dieux. Sa réflexion emplit le cadre construit dans un livre canonique. Avec ampleur, avec une force et une magnificence que les figures les plus variées de la rhétorique et les ressources les plus rares du langage étoffent (Aristote dit de lui qu'il fut le père de la rhétorique), il embrasse le monde entier dans un appareil monumental, rigoureusement charpenté, dont il ne reste qu'une centaine de fragments (moins de cinq cents vers). L'ambition est à la mesure de l'efficacité que le sophiste demande au savoir, mais aussi de la force que le visionnaire attribue à la parole persuasive. À la même époque, les Grecs affrontés à l'Orient découvrent leur unité, et le pouvoir d'un système : cité, constitution ou stratégie.
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