5. Les fonctions physiologiques
Empédocle concevait toutes les fonctions physiologiques comme déterminées par le dynamisme des forces primaires : les quatre éléments. La médecine devait rester longtemps marquée par l'application de ce postulat philosophique. À la différence des appareils que l'on voit : œil, oreille, chair, etc., les vaisseaux se constituent dans l'embryon géant. L'antagonisme du feu et de l'eau creuse les organes de la digestion ; l'eau étant évacuée, l'air prend sa place. Le feu, alors, et l'air, par leurs pulsions contradictoires, perçant la peau, jouent le drame de la respiration, qu'Empédocle relie étroitement à la circulation. Le sang, en effet, se substitue au feu ; affluant et refluant, il irrigue le corps, tandis que l'air, battant à l'extérieur, pénètre et se retire, suivant un processus de régulation thermique, par tous les pores de la peau. Narines et bouche ne forment qu'une ouverture plus large. Toutes les fonctions : respiration, digestion, pensée et sexualité, sont ramenées, dans une vision unitaire, à la circulation du sang. Les différences de caractère s'expliquent par la constitution sanguine. Le corps est informé par le sang qui, à cause de la perfection de son mélange, s'adapte à tous les organes et recueille les impressions du monde extérieur. Quant au sperme, il réunit, dans les deux sexes, les membricules charriés par le sang. Contrairement à ce que penseront Aristote et plusieurs siècles chrétiens, la femme en effet a, dans ce système, une activité égale à celle de l'homme dans la propagation de l'espèce.
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