4. La naissance de l'homme et des animaux
L'homme est né après les plantes. Il se forme d'abord pièce par pièce, organe par organe, comme aujourd'hui dans la semence qui arrache aux deux parents des particules reproduisant chacun des membres de leur corps. Les yeux et les fronts, errant d'abord, s'assemblent. Mal joints, les membres composent des êtres mixtes où se confondent les espèces et les sexes ; « bœufs à proue d'homme, tenant là du mâle et là, ce sont des femmes aux membres d'ombre », ils préfigurent toutes les formations tératologiques. À mesure que les éléments se mêlent davantage dans l'univers, les animaux se font plus harmonieux et plus viables. Le modèle surgit de terre sous la forme d'un embryon géant, ébauche complète, mais encore perfectible. Tous les animaux du monde sont issus de cette larve, mais leur constitution varie. Les animaux les plus chauds s'élancent dans la mer et deviennent poissons, les plus froids montent s'échauffer dans l'air et deviennent oiseaux, les plus équilibrés demeurent sur la terre.
Il n'y a pas d'histoire pourtant ni d'évolutionnisme ; le vivant trouve au terme de ses progrès la forme que les proportions préétablies lui imposent.
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