C'est à Syra, dans les Cyclades, que naquit Emmanuel Roïdis. Il a ensuite vécu à Gênes, où son père était consul de Grèce. Après avoir séjourné en Europe (en France et à Berlin) et voyagé en Orient, il revient se fixer à Athènes. Longtemps directeur de la Bibliothèque nationale de Grèce, il devra abandonner ce poste à cause de ses pamphlets politiques. Ayant perdu sa fortune, devenu sourd et abandonné par ses amis, il meurt dans la plus grande solitude.
Il est le traducteur, en grec, de L'Itinéraire de Chateaubriand et de l'Histoire d'Angleterre de Macaulay et l'auteur de Parerga, recueil d'articles littéraires et historiques (1885), des Idoles, livre consacré à la question de la langue (1893) et surtout de La Papesse Jeanne (1866). Dans cet ouvrage traduit en plusieurs langues (en français, notamment, par Zarry), et dont l'accueil fut tumultueux, Roïdis avait visé la corruption de l'Église et il a réussi dans un style vif et brillant une satire abondante en références littéraires. Doté d'une culture européenne, il sous-estimait, comme critique, les écrits de ses contemporains et il méconnaissait la singularité de la culture néo […]
