Emmanuel Hocquard est né à Tanger. Dans Le Cap de Bonne Espérance (1988), résumant dix ans de publications, il écrit : « Tel fut mon art : de brusques contrastes entre un prosaïsme trivial et de nostalgiques élans de l'âme ; la rapidité des changements de ton, l'emploi d'une langue familière qui ne s'interdisait pourtant pas les emprunts érudits, les réminiscences mythologiques, le recours aux abstractions. » L'œuvre qui multiplie et mêle les tons et les genres comme à loisir, au point de faire éclater leur tranquille clôture sur soi, se présente sous le sceau d'un certain refus, d'une volonté « archéologique » de travailler avec et contre le vécu quotidien le plus ordinaire, les lieux habités ou traversés, les êtres rencontrés, aimés, oubliés, perdus. De L'Album d'images de la villa Harris (1978) à la Théorie des tables (1992), en passant par Les Dernières Nouvelles de l'expédition sont datées du 15 février 17... (1979), Une journée dans le détroit (1980), on pourrait dire que la poésie est pour l'auteur non pas tant un genre littéraire qu'un moyen d'explorer la réalité sous toutes ses faces, dans toutes ses dimensions spatiales et t […]
