Descendant de l'antique famille de Las Cases qui s'était illustrée au xiie siècle dans la lutte contre les Maures, marquis d'Ancien Régime, officier de marine émigré pendant la Révolution, devenu chambellan et comte de l'Empire puis conseiller d'État pendant les Cent Jours, Emmanuel de Las Cases ne présenterait dans l'épopée napoléonienne qu'un intérêt restreint s'il ne s'était attaché à son maître proscrit et n'avait publié en 1823, deux ans après la mort de l'Empereur, le Mémorial de Sainte-Hélène, qui fut peut-être le livre le plus lu du xixe siècle. Las Cases avait, en effet, en compagnie de son fils, suivi Napoléon à Sainte-Hélène et y était resté jusqu'à son expulsion en 1816. Au jour le jour, il avait consigné les propos de l'Empereur, pris sous sa dictée le récit de certaines de ses campagnes et noté les persécutions dont l'illustre captif était l'objet de la part de ses geôliers, dont Hudson Lowe. De retour en France, il publiait en 1823 ce Mémorial dont le retentissement fut si grand qu'il fut réimprimé en 1824, 1830, 1835, 1840 et surtout 1842 avec illustrations de Nicolas Charlet, qu'il fut traduit en de nombr […]
