
La population de l'Émilie-Romagne, région d'Italie du Nord située entre l'Apennin ligure et toscan et la rive gauche du Pô, était estimée à 4 187 500 habitants en 2006 pour une superficie de 22 123 kilomètres carrés. Sa capitale est Bologne. Avant l'Unité italienne, la Romagne appartenait aux États pontificaux, tandis que l'Émilie était divisée en deux duchés, Parme et Modène.
La partie méridionale de la plaine padane couvre la moitié de la région et rassemble les deux tiers de ses habitants. De la basse plaine humide qui fit, à l'est, l'objet de grands travaux de bonification, on passe, vers le sud, au glacis de la haute plaine, constitué des cônes de déjection coalescents des cours d'eau torrentiels issus de l'Apennin. La montagne dépasse rarement 2 000 mètres ; constituée surtout de molasses et de flyschs, elle a des formes lourdes, des pentes raides violemment ravinées. La transition avec la plaine est assurée par une zone de collines cultivées, au pied desquelles court la via Aemilia, axe majeur de l'urbanisation régionale (Plaisance, Parme, Reggio, Modène, Bologne, Forli, Rimini). Le climat a des traits continentaux avec, en plaine, des précipitations médiocres (700 mm), des hivers brumeux et des gelées tardives.
L'agriculture est fondée sur les céréales (blé tendre, maïs), la betterave à sucre, les plantes fourragères, l'élevage bovin (fromage parmesan) et porcin, l'arboriculture (pommiers de la plaine de Ferrare). La coltura promiscua, où la vigne est mariée à l'orme, recule, mais le vignoble spécialisé progresse. À cette richesse agricole s'ajoute, depuis la Seconde Guerre mondiale, une industrialisation rapide. Aux industries alimentaires s'ajoutent l'industrie automobile, la production de matériel agricole et de céramiques, la chimie et le textile. Au port de Ravenne s'associent une raffinerie de pétrole et un complexe d'industries chimiques. De Riccione au delta du Pô, la riviera de Romagne, côte basse à vastes plages, bénéficie d'une fréquentation touristique considérable. La croissance économique s'effectue de façon diffuse et n'introduit pas de grandes disparités au sein d'un dense réseau urbain (huit villes de 100 000 à 200 000 hab.). Bologne (373 743 hab. selon les estimations de 2006) n'a pas le pouvoir de commandement d'une métropole régionale, et son influence est limitée, à l'ouest, par celle de Milan. Grâce à un maillage serré de petites et moyennes entreprises dynamiques (qui, au-delà des secteurs traditionnels, se sont diversifiées dans les arts graphiques, la robotique ou la recherche médicale), l’Émilie-Romagne est devenue, au début du xxie siècle, la deuxième région la plus riche d’Italie, en termes de P.I.B./hab., derrière la Lombardie.
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