La Belgique ne tarda pas à reconnaître en Verhaeren son plus grand poète lyrique, suivie de l'Europe, par le canal du Mercure de France. On a dit de lui qu'il était un « grand Barbare doux », et le mot est aussi joli que juste. On l'a appelé aussi « le Victor Hugo du Nord », et c'est déjà beaucoup moins acceptable. Le rattacher à un autre poète ou même à une école (il a traversé le symbolisme comme un bateau traverse un chenal) serait injuste et absurde. En 1907 déjà, Bazalgette, qui fut le premier à écrire sur lui, disait : « Verhaeren ne procède de personne. » Et c'est vrai, il est seul, comme le vent, comme la mer, comme l'arbre, comme ces forces de la nature auxquelles il a pour toujours donné une voix. Il a une vue juste et profondément fraternelle des êtres et des choses, et en même temps comme agrandie, infiniment, par les effets harmoniques de ses adverbes sauvages.
Émile Verhaeren est né à Saint-Amand, sur les bords de l'Escaut. C'est là que, jusqu'à l'âge de douze ans, « il joue avec le vent, cause avec le nuage », entre un père retiré des affaires (il était drapier à Bruxelles), une mère douce e […]
Bibliographie
Œuvres de Verhaeren
Œuvres, 3 vol., Mercure de France, Paris, 1912-1933, reprod. fac-sim., Slatkine, Genève, 1977
Les Flamandes, Bruxelles, 1883
Les Moines, Paris, 1886
Les Soirs, Bruxelles, 1887
Les Débâcles, ibid., 1888
Les Flambeaux noirs, ibid., 1890
Les Apparus dans mes chemins, ibid., 1891
Les Campagnes hallucinées, ibid., 1893
Les Villages illusoires, ibid., 1894
Les Villes tentaculaires, ibid., 1895
Les Heures claires, ibid., 1896
Le Cloître, ibid., 1900
Philippe II, ibid., 1901
Les Forces tumultueuses, Paris, 1902
Les Heures d'après-midi, Bruxelles, 1905
La Multiple Splendeur, Paris, 1906
Toute la Flandre et La Guirlande des dunes, Bruxelles, 1907
Les Visages de la vie, Paris, 1908
Hélène de Sparte, Moscou, 1908
Les Rythmes souverains, Paris, 1910
Les Heures du soir, Leipzig, 1911
Les Blés mouvants, Paris, 1912
Les Ailes rouges de la guerre, ibid., 1916
Poèmes choisis, éd. des Artistes, Bruxelles, 1959
Poèmes chrétiens, Duculot, Gembloux, 1968.
Études
L. Bazalgette, Émile Verhaeren, Paris, 1907
G. Buisseret, L'Évolution idéologique d'Émile Verhaeren, Paris, 1910
L. Christophe, Émile Verhaeren, Bruxelles, 1955
A. Fontainas, Les Heures d'Émile Verhaeren, Paris, 1919
A. Fontaine, Verhaeren et son œuvre, Paris, 1929
R. Golstein, Émile Verhaeren, la vie et l'œuvre, l'évolution des idées, Bruxelles, 1924
F. Hellens, Émile Verhaeren, Paris, 1952
A. Mabille de Poncheville, Promenades avec Verhaeren, Paris, 1930
Vie de Verhaeren, Paris, 1953
C. Maingon, Émile Verhaeren critique d'art, Nizet, Paris, 1984
J. de Smet, Émile Verhaeren, Malines, 1920
« Verhaeren », no spéc. 38 de la Revue nationale, Bruxelles, 1966
S. Zweig, Émile Verhaeren, Paris, 1910.
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