Officier et ingénieur français, Rimailho commence sa carrière dans les ateliers militaires de Puteaux où il met au point le frein de tir du canon de 75. Il y crée également un matériel d'artillerie lourde à tir rapide. En 1913, Rimailho quitte l'armée (on le rappellera pendant la Première Guerre mondiale) et entre dans l'industrie privée. Diverses expériences (dans les chemins de fer à Nevers par exemple, auprès de l'entreprise Bat'a en Tchécoslovaquie) mais aussi les conséquences de la crise de 1929 l'amenèrent à élaborer une théorie d'organisation scientifique du travail, connue sous le nom d'« organisation à la française ». Pour améliorer le rendement, on doit intéresser les ouvriers à l'entreprise et les « rendre joyeux dans leur travail ». Cela est possible dans une société très hiérarchisée comme la France, où les familles, les métiers, les syndicats, les régions constituent autant de références et de valeurs sûres. Il suffit pour cela que l'entreprise repose sur l'association de trois groupes — direction, vente, production — qui ne soient inféodés ni au capital ni au travail. Le chef de l'entreprise est responsable devant un comité supérieur de la branche professionnelle […]
