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CARTER ELLIOTT (1908- )

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3.  La poésie de la transformation

Si, dans son Concerto pour orchestre (1969), Carter se propose, à la fois, de traiter l'orchestre en tant que foule d'individus, où chaque membre de la formation serait montré en gros plan, et d'exploiter l'idée de « vagues de sons » (mais cette fois durant 20 minutes et non pas sur un bref laps de temps, comme dans la coda du Double Concerto), ce n'est cependant que par la suite qu'il découvre Vents de Saint-John Perse et prend conscience que ce poème évoque certains aspects de son idée musicale de départ. Ce texte, qui traite de la « poésie du changement, de la transformation, de la réorientation des sentiments et des pensées », l'aidera à poursuivre son travail jusqu'au moment où, les détails poétiques prenant le pas sur la structure générale et, de ce fait, le gênant, il décidera de désormais l'ignorer. Ce concerto est ainsi avant tout pensé afin de produire « l'image virtuelle » du passage du temps. Mais, finalement, comme l'écrit le compositeur, « ce qui importe, c'est de percevoir, ici, que tout ce matériel d'intervalles et d'accords est le „maintenant“ dont le flux musical, en mouvement constant, altère en permanence les contours ».

Quant à sa Symphonie de trois orchestres (1976), son propos premier se résume en l'idée musicale d'une œuvre traversée d'un bout à l'autre par un mouvement dégressif constant évoluant du registre le plus aigu de l'orchestre vers le plus grave. À ce point de départ est associée sa volonté de mélanger plusieurs niveaux sonores, comme dans son Troisième Quatuor à cordes (1971). Cependant, au lieu de deux duos jouant leurs propres séries de mouvements, il s'agit ici de trois orchestres se mêlant avant de se séparer (sur le plan harmonique, l'œuvre utilise les 38 possibilités – dont 28 sont renversables – d'un accord de cinq sons). Cette réflexion conduit Carter à repenser à un poème de Hart Crane, The Bridge. Il décide alors de s'inspirer d'éléments isolés du poème, qui suggèrent l'idée globale du mouveme […]

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« CARTER ELLIOTT (1908- ) » est également traité dans :

ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE (Arts et culture) - La musique

Écrit par :  Juliette GARRIGUESAndré GAUTHIER

Dans le chapitre "Modernisme et tradition"  : …  et un duo pour flûte et piano (1971). Avant de devenir le grand architecte de quatuors de son temps,* Elliott Carter (né en 1908) a connu une lente évolution qui a retardé sa consécration jusqu'à la fin des années 1950. Parti d'une formation néo-classique à laquelle Copland n'était pas plus étranger que Stravinski, il a poursuivi un chemin d'… Lire la suite

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Elliott Carter et Pierre Boulez

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