4. L'évolution de la politique extérieure
• L'éviction de Marie Stuart
En fait, la politique extérieure d'Élisabeth s'inspire beaucoup plus de son intérêt particulier et des circonstances que de considérations d'ordre général. Après la promulgation des Trente-Neuf Articles, les catholiques anglais s'étaient tournés vers Marie Stuart, rentrée en Écosse après la mort de François II (1560). Mais cette reine est, elle aussi, aux prises avec de graves problèmes. John Knox vient de faire triompher en Écosse la réforme presbytérienne. Marie Stuart, restée catholique, doit gouverner un peuple turbulent et fanatisé. Frivole et imprudente, elle a épousé, en deuxièmes noces, Darnley, grand seigneur taré, bientôt assassiné dans des circonstances troubles ; puis elle s'est éprise du brutal Bothwell, principal responsable du meurtre. Son remariage avec l'aventurier soulève l'Écosse contre elle. Vaincue, elle commet l'imprudence de se réfugier en Angleterre, où elle est reçue en suspecte et bientôt traitée en prisonnière. Sa captivité dure dix-neuf ans et ne se termine que par la mort. En effet, l'existence de Marie Stuart – autour de laquelle des intrigues s'ourdissent continuellement – n'est pas sans dangers pour Élisabeth, d'autant plus que la reine d'Écosse n'a jamais renoncé à ses droits de succession. Aussi sa présence en Angleterre éveille-t-elle les espoirs des catholiques, et suscite deux complots (1569, 1572) suivis de troubles, dont le but était le renversement d'Élisabeth. Celle-ci attend l'occasion d'éliminer Marie Stuart. En 1586, un nouveau complot en fournit le prétexte. Après une parodie de procès, Marie est condamnée à mort et décapitée (9 février 1587). Malgré ses dénégations, Élisabeth a bien été l'instigatrice de la disparition de sa rivale.
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