Les origines, la carrière et jusqu'au succès d'Elijah Muhammad, fondateur des Musulmans noirs (Black Muslims), sont entourés de pénombre. De son vrai nom Elijah Poole, il serait né le 7 octobre 1897 à Sandeville, en Georgie, d'un couple d'esclaves émancipés. A seize ans, il quitte les siens et vit de travaux d'occasion. En 1923, il s'installe à Detroit avec sa femme (dont il aura six fils et deux filles) et s'engage comme ouvrier spécialisé à l'usine Chevrolet. C'est à Detroit qu'il rencontre, sept ans plus tard, un mystérieux W. D. Fard, comme lui afro-américain, colporteur de son état, qui offre, avec sa marchandise, la bonne nouvelle du retour d'Allah, qui n'est autre que lui-même. En 1934, cette curieuse réincarnation d'Allah disparaît de la vie publique.
Elijah Poole, devenu entre-temps Elijah Muhammad, comble le vide : il s'institue le « messager » et l'héritier direct de Fard.
Pendant sept ans, il mène une vie errante dans l'est des États-Unis, vie vouée à un prosélytisme ingrat mais, peut-être, déjà fructueux. Il ne sortira réellement de l'anonymat que pendant la Seconde Guerre mondiale. Il s'élève alors contre l'internement des Américains de souche japonaise […]
