Surtout connu indirectement par Voltaire, qui lui assure une triste célébrité. On connaît l'épigramme fameuse :
L'autre jour, au fond d'un vallon,
Un serpent piqua Jean Fréron :
Que pensez-vous qu'il arriva...
Ce fut le serpent qui creva.
Mais ce n'est qu'un aspect mineur d'une longue polémique qui fait de Fréron un des ennemis acharnés des philosophes, un défenseur zélé des idées monarchiques et religieuses.
Né à Quimper, il fait ses études chez les jésuites et professe quelque temps au collège Louis-le-Grand. Mais bientôt il associe ses travaux à ceux de l'abbé Desfontaines en matière de critique littéraire, et participe avec lui à deux recueils littéraires du temps, les Observations sur les écrits modernes (année 1735 et suivantes) et les Jugements sur quelques ouvrages nouveaux (1745-1746). Ses propres ouvrages n'ont aucun succès. Il a vocation de critique, non d'auteur. Toute la réputation littéraire de Fréron lui vient d'avoir publié pendant vingt-deux ans, de 1754 à 1776, c'est-à-dire jusqu'à sa mort, une feuille périodique intitulée L'Année littéraire, qui fait de lui une sorte de fondat […]
