4. Les dieux
Ces données, qui ne permettent pas de reconstituer un scénario suivi, ne comporteraient à peu près aucune mention d'une quelconque figure divine si une source, du reste suspecte, ne citait l'enlèvement de Korè et une union concrètement réalisée. Rites et monuments en disent davantage. Iacchos, amené triomphalement à Éleusis dans la grande procession, apparaît d'abord, semble-t-il, comme la personnification d'un cri rituel : il est nommé fils de Dèmèter et de Zeus dans un hymne orphique, et on le trouve, à Éleusis, identifié à un Dionysos parèdre de la déesse et conducteur des mystères. La triade Dèmèter-Dionysos-Korè figure sur des inscriptions d'Éleusis et sur des lamelles d'or trouvées dans des tombes en Grande Grèce et à Rome ; elle passa en Italie sous les noms de Cérès-Liber-Libera. Des inscriptions mentionnent le Dieu et la Déesse qui avaient un prêtre à Éleusis : les noms de Pluton et de Perséphone furent-ils d'abord secrets ? Perséphone est désignée à Éleusis sous celui de Korè, c'est-à-dire simplement la Fille. Sur des vases à décor éleusinien, provenant notamment de Kertch en Crimée – preuve de la célébrité des mystères – apparaissent ensemble les deux déesses, ainsi que Pluton, Dionysos, Triptolème (sur son chariot ailé du haut duquel, instruit par Dèmèter, il ensemence la terre), son frère Eubouleus, puis les plus illustres des initiés. Héraclès et les Dioscures, entourés des symboles de la fertilité : grenade, vigne, corne d'abondance.
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