Ce petit genre poétique, d'abord caractérisé uniquement par l'emploi d'une forme métrique, le distique élégiaque, s'est spécialisé chez les Latins dans un « lyrisme modéré et fleuri » faisant « la plus large part aux émotions personnelles du poète » (J. Bayet). On a continué, dans les littératures postérieures, à désigner du nom d'élégies des poèmes exprimant des sentiments tendres et mélancoliques, notamment les joies mais surtout les peines de l'amour. Chez les Grecs, le distique élégiaque (strophe formée d'un hexamètre dactylique suivi d'un pentamètre dactylique, le nombre de distiques qui entrent dans la composition d'une pièce étant indéterminé), loin d'être réservé à la poésie personnelle, était plutôt apprécié pour ses vertus gnomiques : « exhortations » morales et militaires de Callinos et de Tyrtée (~ viie s.), sentences sociales et politiques de Solon (~ viie-~ vie s.) et de Théognis (fin du ~ vie s.), lyrisme (très général) de Mimnerme (fin du ~ viie s.) et de Simonide (~ vie-~ ve s.). Ce sont les Alexandrins Callimaque et Philéta […]
