4. L'essor de l'expérimentation
Sous la Ve République, en dehors des modifications apportées aux législations électorales nationales, de nombreuses expérimentations de modes de scrutin alternatifs ont été menées. Ces expériences, facilitées par l'outil informatique, répondent à la fois à la curiosité professionnelle des chercheurs et aux interrogations des professionnels de la politique confrontés à une baisse tendancielle de la participation électorale. À l'occasion de l'élection présidentielle de 2007 a ainsi été expérimenté le vote par note. La nouveauté réside dans la substitution d'une feuille de note aux bulletins nominatifs traditionnels, permettant ainsi aux électeurs d'attribuer une note à l'ensemble des candidats en lice. Selon ses inventeurs, un tel mode de scrutin permettrait de mieux connaître les préférences des électeurs via l'appréciation qu'ils portent sur les candidats. Le vote par note reste quand même un pari sur la capacité des électeurs à s'approprier une échelle abstraite de notation. C'est pourquoi, d'autres chercheurs ont également testé à cette occasion le jugement majoritaire. Ce mode de scrutin consiste à poser à l'électeur la question suivante : « Pour présider la France, ayant pris tous les éléments en compte, je juge en conscience que ce candidat serait... », en lui proposant de choisir une appréciation parmi les suivantes : « très bien, bien, assez bien, passable, insuffisant, ou à rejeter ». Sans vouloir écarter de manière péremptoire ces expérimentations, notons néanmoins qu'elles reposent sur le postulat contestable, et contesté par la sociologie politique, du vote comme expression d'une opinion politique et pourraient accroître la confusion entre élections proprement dites et sondages (pré)électoraux.
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